3-6 ans
Le marché aux quinze étincelles
Au marché du soir, la Citrouille et le Petit Fantôme suivent Plume le chaton. Pour Halloween, ils cherchent quinze étincelles dorées pour faire briller la table des bonbons. Compter les étincelles fait partie du plaisir, tout comme regarder les petites lumières briller.
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Le marché du soir sentait la pomme chaude et les biscuits. Sous les guirlandes, des enfants déguisés en chats, en papillons et en jardiniers se promenaient avec leurs paniers.
La Citrouille ajusta son chapeau-feuille jaune. Son écharpe verte dansait dans le vent d’automne.
« Tu as pris la lanterne ? » demanda-t-elle.
Le Petit Fantôme souleva sa lanterne dorée. Son corps en feutre blanc était doux comme un coussin.
« Oui ! Mais regarde : elle ne brille pas encore. »
Cette lanterne n’avait pas de flamme. Pour l’allumer, il fallait quinze petites étincelles dorées. Ensuite, elle éclairerait la grande table des bonbons.
« Où allons-nous les trouver ? »
Un petit miaulement répondit.
Plume, un chaton gris aux pattes blanches, dépassait d’un panier de feuilles. Sur le bout de son nez brillait un point doré.
« 1, une étincelle ! » dit la Citrouille.
Plume remua ses moustaches. L’étincelle glissa sur une feuille rouge.
Le Petit Fantôme la ramassa doucement avec une petite cuillère de bois. Puis il la posa dans une boîte ronde, doublée de velours bleu.
« Une, répéta-t-il. Notre première ! »
Plume sauta du panier et trottina vers les pommes.
Au pied du comptoir, Plume poussa une pomme avec sa patte. Elle roula contre une deuxième pomme : toc !
Deux petits points lumineux apparurent dans le creux du plateau.
« 2, deux étincelles ! » annonça le Petit Fantôme.
« Comptons-les ensemble, proposa la Citrouille. Une… deux. »
La première étincelle se laissa prendre tout de suite. La deuxième rebondit sur le manche de la cuillère.
« Tu veux jouer ? » lui demanda le Petit Fantôme.
Il attendit, sans bouger. Hop ! Elle se posa enfin dans la cuillère. Toutes deux rejoignirent la première dans la boîte.
Plume était déjà parti. Sa queue grise dépassait maintenant d’une corbeille de rubans.
La Citrouille s’accroupit.
« Tu nous as préparé une surprise ? »
Le chaton tira un ruban orange. Puis un violet. Puis un vert.
Sur chacun brillait une petite lumière.
« 3, trois étincelles ! » dit la Citrouille.
Elle montra chaque ruban aux enfants qui s’approchaient.
« Une sur l’orange, une sur le violet et une sur le vert. Vous les voyez ? »
Le Petit Fantôme les recueillit une à une. Dans la boîte, les étincelles faisaient une lumière douce sur le velours bleu.
Plume éternua. Un ruban lui chatouillait le nez.
Derrière les rubans, un marchand avait installé de petits moulins en papier. Le vent les faisait tourner : frou-frou, frou-frou.
Plume s’assit dessous. Il leva le nez, puis une patte, comme pour attraper le vent.
Quatre étincelles descendirent lentement et se posèrent sur quatre feuilles au sol.
« 4, quatre étincelles ! » souffla le Petit Fantôme.
La Citrouille retint son chapeau-feuille.
« Attendons que le vent se repose. »
Ils attendirent. Plume aussi. Même sa queue resta tranquille.
Quand les moulins ralentirent, la Citrouille approcha la boîte.
« Une… deux… trois… quatre. »
À chaque nombre, le Petit Fantôme ramassa une étincelle. Les enfants comptaient avec lui. Le dernier point doré était caché derrière la tige d’une feuille.
« Je le vois ! » dit une petite fille coiffée d’oreilles de chat.
La Citrouille écarta la tige.
« Merci, tu peux me tenir cette feuille ? »
La petite fille la tint bien à plat pendant que la cuillère passait.
Dans la boîte, il y avait maintenant dix étincelles.
« Il nous en manque encore cinq », dit le Petit Fantôme.
Plume se frotta contre son feutre blanc, puis se dirigea vers la table des bonbons.
Sous la table, Plume trouva un panier vide. Il y entra, tourna deux fois et s’installa en boule.
Tout autour de lui, cinq étincelles brillaient sur le bord tressé.
« 5, cinq étincelles ! » s’exclama la Citrouille.
Elle posa la boîte près du panier.
« Tu comptes avec nous ? » demanda-t-elle aux enfants.
Le Petit Fantôme recueillit les lumières une à une.
« Une… deux… trois… quatre… cinq ! »
La boîte était pleine de petits reflets dorés.
Avant de les verser, ils les rangèrent sur le velours en trois petites lignes. Les enfants comptèrent chaque ligne : une, deux, trois, quatre, cinq.
« Cinq ici, cinq au milieu, cinq là, dit la Citrouille. Quinze étincelles en tout ! »
Le Petit Fantôme ouvrit sa lanterne sans flamme. Il inclina doucement la boîte. Les quinze étincelles glissèrent à l’intérieur, comme des gouttes de soleil.
La lanterne s’illumina.
Sur la table apparurent des bonbons roses, des caramels dorés et des biscuits en forme de feuilles.
« Tu préfères lequel ? » demanda la Citrouille.
Le Petit Fantôme montra un biscuit.
Plume ferma les yeux dans son panier. Au-dessus de lui, la lumière dessinait des ronds dorés.
Le marché pouvait continuer. Et les bonbons se voyaient jusqu’au dernier.
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