3-6 ans

Le kiosque aux feuilles dansantes

Pour la fête d’Halloween, une Citrouille et un Petit Fantôme invitent les feuilles d’automne à composer un décor unique.

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Au bout du jardin, derrière les asters, se cachait un petit kiosque. Son toit rond ressemblait à un champignon. Des feuilles pendaient à ses rubans et tournaient dans le vent doux.

La Citrouille s’arrêta devant les marches. Elle portait son chapeau-feuille jaune et son écharpe verte.

« Regarde ! On dirait qu’elles répètent une danse. »

Le Petit Fantôme en feutre blanc leva sa lanterne dorée. Elle n’avait pas de flamme. Une lumière douce brillait derrière ses vitres, comme un petit morceau de lune.

« Ce serait un bel endroit pour notre fête. »

Ce soir-là, les amis du jardin viendraient déguisés. On partagerait des bonbons et du jus de pomme sous les étoiles. Mais le kiosque avait besoin d’un peu de couleur.

Une feuille brune descendit jusqu’au chapeau de la Citrouille.

« Tu veux nous accrocher quelque part ? » demanda-t-elle.

« Seulement si tu en as envie. Et tu choisiras ta place ! »

Aussitôt, les feuilles frémirent autour d’eux.

« Et notre couleur ? » demanda une petite feuille pâle.

« Tu pourras la choisir aussi », promit le Petit Fantôme.

Le Petit Fantôme posa sa lanterne sur la première marche.

« Approchez doucement. Pensez à une couleur d’automne, puis faites un tour autour de la lumière. »

La feuille brune essaya la première.

« Moi, je voudrais être rouge cerise. »

Elle tournoya une fois. Quand elle passa devant la vitre, un rouge joyeux se répandit jusqu’au bout de ses pointes.

« Oh ! Ça chatouille ! »

Une feuille choisit l’orange abricot. Une autre préféra le jaune beurre. Deux petites feuilles gardèrent leur brun chocolat.

La Citrouille les accueillait près du kiosque.

« Maintenant, où veux-tu danser ? »

« Tout en haut ! » répondit la feuille rouge.

« À côté d’elle ! » dit la feuille orange.

« Moi aussi ! Moi aussi ! »

Bientôt, toutes voulurent rejoindre le ruban du sommet, là où le soleil brillait encore.

Le ruban s’étira. Les feuilles se serrèrent. La plus petite disparut derrière les autres.

« Je ne vois plus le jardin », souffla-t-elle.

En bas, les poteaux restaient tout nus. Le Petit Fantôme pencha la tête.

« Il nous faut une idée. Une idée avec de la place. »

Mimi la Châtaigne arriva avec un panier de rubans.

« Tu prépares un grand nœud ? » demanda-t-elle en regardant le sommet.

La Citrouille sourit.

« Pas tout à fait. Les feuilles cherchent leur place. »

Mimi posa son panier sur Basile, le Banc en Bois. Celui-ci fit craquer gentiment une latte.

« Depuis ici, je vois très bien le jardin. Même sans être perché ! »

La Citrouille eut une idée. Elle attacha un long ruban entre deux poteaux, à hauteur de son chapeau. Puis un autre près des marches.

« On pourrait essayer plusieurs places, juste le temps d’une chanson. »

Le Petit Fantôme fredonna un air léger. Le vent se glissa sous les feuilles.

La feuille rouge descendit près de la lanterne.

« Ici, je brille comme une confiture ! »

Les deux feuilles brunes choisirent le ruban du bas.

« Nous, on préfère voir arriver les invités. »

La plus petite se posa près de Mimi.

« Tu peux me garder une place à côté de toi ? »

« Bien sûr. Tu m’aideras à distribuer les bonbons. »

Peu à peu, le ruban du sommet retrouva de l’espace.

Quand le ciel devint bleu myrtille, le kiosque était prêt.

Les feuilles jaunes dansaient sous le toit. Les oranges tournaient autour des poteaux. Les rouges formaient une ronde près de la lanterne. En bas, les feuilles brunes saluaient chaque visiteur d’un petit balancement.

Il restait même un ruban vide.

« Pour une feuille qui arriverait en retard », expliqua la Citrouille.

Les invités entrèrent dans le jardin. Il y avait des chapeaux pointus, des oreilles de lapin et une cape couverte d’étoiles. Mimi distribuait les bonbons. Basile accueillait ceux qui voulaient s’asseoir avec leur verre de jus de pomme.

Le Petit Fantôme posa sa lanterne au milieu du kiosque.

« Tu danses ? » demanda-t-il à la Citrouille.

« Si mon chapeau reste sur ma tête ! »

Ils firent trois petits pas. Puis trois autres.

Au-dessus d’eux, les feuilles suivirent la musique du vent.

Une dernière feuille arriva en tournoyant.

« Est-ce qu’il reste une place pour du cuivre ? »

La Citrouille lui montra le ruban libre.

Et toute la soirée, sous le toit rond, on entendit des rires, des froissements légers et le doux tintement des verres.

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