3-6 ans

La ronde des chapeaux-feuilles

À Halloween, dans le verger tout frais, une citrouille au chapeau jaune et un petit fantôme à la lanterne dorée inventent une ronde où chacun peut participer à sa façon : un conte pour les petits.

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La nuit d’automne s’installait doucement sur le verger. Les pommes brillaient sous la lune, les feuilles tournaient dans l’air, et une petite buée blanche sortait du nez des habitants. Il faisait frais, bien frais même.

Au pied du vieux pommier, la Citrouille au chapeau-feuille jaune resserra son écharpe verte.

« Brrr… Il faut trouver une idée pour réchauffer tout le monde ! »

À côté d’elle flottait le Petit Fantôme en feutre blanc. Il portait une lanterne dorée. Elle n’avait pas de flamme, mais elle brillait d’une lumière douce, comme un rayon de miel.

« Organisons une ronde ! proposa-t-il. On chantera, on bougera, et personne ne restera seul. »

Noisette l’écureuil descendit du pommier avec trois noisettes dans les pattes.

« Je sais courir en cercle, dit-il. Mais danser ? Je ne sais pas du tout ! »

Une feuille rousse se posa sur la tête de la Citrouille. Elle se mit à tournoyer en faisant un petit froufrou.

« Moi, je m’appelle Paillette, annonça-t-elle. Je sais danser avec le vent. Je peux vous montrer ! »

La Citrouille sourit.

« Alors, la ronde commencera quand la lune sera bien haute. Chacun inventera son propre pas. »

Quand la lune monta au-dessus des branches, les habitants du verger se rassemblèrent. Il y avait deux hérissons en petits déguisements de sorciers, une famille de souris coiffées de bonnets de fête, et même un escargot portant un chapeau de carton orange.

Le Petit Fantôme leva sa lanterne dorée. Sa lumière sans flamme dessina un cercle chaleureux sur l’herbe.

« Entrez dans le cercle ! invita-t-il. Nous allons commencer lentement. »

La Citrouille avança en roulant sur le côté. Elle fit un tour, puis un autre. Son écharpe verte dansait derrière elle.

Paillette virevolta au-dessus de son chapeau-feuille jaune.

« Un pas à gauche, un pas à droite, et froufrou par ici ! »

Les hérissons se mirent à sautiller. Les souris frappèrent doucement des pattes. Noisette, lui, courut si vite qu’il dépassa le cercle et atterrit dans un panier de pommes.

« Oups ! Je crois que mon pas est un peu trop rapide. »

Tout le monde rit gentiment. Mais bientôt, l’escargot s’arrêta.

« Je suis trop lent pour une ronde, murmura-t-il. Vous serez tous loin devant moi. »

La musique des pattes et des feuilles continua, mais le petit escargot baissa la tête. Le cercle semblait soudain un peu moins joyeux.

La Citrouille arrêta de rouler. Le Petit Fantôme baissa sa lanterne pour éclairer l’escargot.

« Tu peux participer sans aller vite, dit-il. Nous allons changer la ronde. »

Noisette sortit du panier et réfléchit très fort. Puis il courut chercher des pommes creuses, des coquilles de noix et quelques brindilles.

« On pourrait faire de la musique ! »

La Citrouille tapota une pomme avec une brindille. Toc, toc, toc. Les souris secouèrent les coquilles de noix. Les hérissons frottèrent doucement leurs pattes. Même l’escargot trouva un petit rythme : il avançait d’un tout petit pas à chaque toc.

Paillette se plaça devant lui.

« Suis mon froufrou. Quand je monte, tu avances. Quand je descends, tu te reposes. »

Le Petit Fantôme fit lentement tourner sa lanterne. Sa lumière dorée dessinait des étoiles sur les feuilles.

La Citrouille, elle, roula tout doucement autour du cercle. Elle s’arrêta près de chacun.

« Un pas, un son, un sourire. Voilà notre danse. »

Alors chacun participa comme il pouvait. Les souris balancèrent leurs bonnets. Les hérissons tapèrent du pied. Noisette fit trois petits bonds. L’escargot avança sans se presser, accompagné par la musique.

Cette fois, personne ne se trouvait trop lent, trop maladroit ou trop différent. La ronde avait grandi pour faire de la place à tous.

La ronde continua jusqu’à ce que la lune soit tout en haut du ciel. Le froid n’avait pas disparu, mais personne ne le remarquait plus.

À la fin, Noisette ouvrit un grand panier rempli de friandises aux couleurs d’automne. Il y en avait des jaunes comme les feuilles, des verts comme l’écharpe de la Citrouille, et des dorés comme la lanterne du Petit Fantôme.

Chacun reçut une petite douceur. L’escargot choisit une friandise au miel.

« Elle est parfaite pour avancer doucement », dit-il.

Paillette se posa sur son chapeau.

« Et demain, tu m’apprendras ton pas lent ? »

« Avec plaisir », répondit l’escargot.

La Citrouille regarda les habitants rentrer chez eux, le cœur aussi chaud qu’une soupe de potiron.

« Nous recommencerons demain soir ? » demanda-t-elle.

« Oui, répondit le Petit Fantôme. Mais demain, ce sera peut-être une ronde en zigzag ! »

Noisette leva les pattes. Les souris firent tinter leurs coquilles de noix. Les hérissons saluèrent, et Paillette dansa une dernière fois dans la lumière dorée.

Puis chacun repartit avec sa friandise, son sourire et un petit rythme dans les pieds. Sous les pommiers, le verger s’endormit tranquillement. La lanterne sans flamme brillait encore, comme une minuscule lune qui veillait sur la nuit d’automne.

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