6-9 ans

La Citrouille et le tapis de feuilles

Pour Halloween, par une douce nuit d’automne, une citrouille et un petit fantôme suivent un chemin de feuilles dorées. Une fête pleine de lumière les attend au bout de ce chemin et donne aux deux amis l’envie de poursuivre leur route.

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Au bord d’un petit bois, la nuit d’Halloween s’installait doucement. Le ciel était bleu foncé. Les étoiles clignotaient entre les branches. Dans l’herbe fraîche, la Citrouille au chapeau-feuille jaune ajusta son écharpe verte. À côté d’elle, le Petit Fantôme en feutre blanc tenait sa lanterne dorée sans flamme. La lanterne brillait d’une lumière douce, comme un rayon de lune.

« Tu vois ce chemin ? demanda la Citrouille. Il n’était pas là tout à l’heure ! »

Devant eux, des feuilles dorées formaient un joli tapis. Elles tournaient sur elles-mêmes, puis se posaient en une longue ligne qui serpentait entre les arbres.

« Peut-être qu’il mène à une fête, murmura le Petit Fantôme. »

Ils avancèrent côte à côte. La Citrouille roulait lentement, et le Petit Fantôme glissait sans faire de bruit. À chaque pas, les feuilles faisaient froufrou.

Bientôt, ils croisèrent Mimi la souris. Elle portait un manteau orange et poussait un petit panier rempli de bonbons.

« Où allez-vous ? demanda Mimi.

« Nous suivons ce tapis de feuilles jusqu’à une clairière illuminée, répondit la Citrouille. Veux-tu venir avec nous ? »

Mimi sourit et choisit une feuille rouge dans son panier.

« Je viens ! Et j’ajoute cette feuille au chemin. »

Elle la posa avec soin. Le tapis devint encore plus coloré.

Le tapis passa sous de grands chênes, puis longea un ruisseau. Sur une pierre, Pompon le marron bavard les attendait. Il avait un petit chapeau brun et parlait si vite que ses feuilles tremblaient autour de lui.

« J’ai vu la clairière ! Elle est derrière la colline ! Enfin, je crois ! Ou peut-être derrière le vieux pommier ! Mais je suis presque sûr que… »

« Pompon, veux-tu nous aider à décorer le chemin ? » demanda le Petit Fantôme.

Pompon s’arrêta de parler. Il regarda les feuilles. Il en avait de toutes les couleurs autour de lui : jaunes, cuivrées, rouges et même une très grande feuille violette.

« Quelle bonne idée ! Je vais choisir les plus belles. »

Il posa une feuille jaune, puis une feuille cuivrée. Mais soudain, un courant d’air passa entre les arbres. Ffffft ! Les feuilles s’envolèrent. Certaines tournoyèrent au-dessus du ruisseau. D’autres se cachèrent dans les buissons.

Le tapis s’arrêta net.

« Oh non, dit Mimi. Il manque un morceau. »

Sans le tapis, la clairière semblait bien loin. Le Petit Fantôme leva sa lanterne dorée. Sa lumière éclaira les feuilles cachées sous les branches.

« Je les vois ! Mais je ne peux pas toutes les attraper, dit-il. »

« Moi, je peux me glisser partout ! » déclara Mimi.

Elle courut dans les buissons et rapporta une feuille rouge. Pompon souffla doucement pour faire avancer les feuilles coincées près du ruisseau. La Citrouille, elle, roula jusqu’au bord de l’eau et plaça une grande feuille violette sur une petite flaque.

« Voilà un pont pour les autres feuilles ! »

Les amis se mirent au travail. Mimi apporta les petites feuilles. Pompon indiqua celles qui s’étaient posées sur les pierres. Le Petit Fantôme les éclaira avec sa lanterne sans flamme. La Citrouille les rangea en jolies bandes de couleurs.

Jaune près de l’orange. Rouge près du violet. Brun près du doré.

Peu à peu, le chemin recommença à avancer.

« Il manque encore quelque chose, remarqua le Petit Fantôme. Le tapis est beau, mais il ne tient pas bien au vent. »

Pompon leva une noisette.

« J’ai une idée ! On pourrait utiliser les petites branches tombées pour faire des bordures. »

Ils ramassèrent des brindilles souples. Mimi les plaça de chaque côté du tapis. Pompon ajouta des glands entre les feuilles. La Citrouille roula doucement dessus pour les aplatir sans les froisser.

Alors le vent revint. Il passa dans les arbres, fit danser les rubans de l’écharpe verte et souleva quelques feuilles. Mais cette fois, le tapis resta bien en place.

« Ça marche ! » dit Mimi.

« Le chemin peut continuer », ajouta le Petit Fantôme.

Ils suivirent le tapis coloré jusqu’au sommet de la colline. Là, entre deux rangées de sapins, une clairière s’ouvrit devant eux.

Elle était illuminée par des lampes rondes à piles, des guirlandes de feuilles et de petites lumières suspendues aux branches. Des enfants déguisés en chats, en sorciers souriants et en petits nuages attendaient avec des paniers de bonbons.

Le tapis arrivait juste au milieu de la clairière.

Les enfants accueillirent les amis avec des sourires et des paniers remplis de friandises.

« Vous avez trouvé le chemin de la fête ! » dit un petit nuage déguisé.

« Nous l’avons surtout fabriqué ensemble », répondit la Citrouille.

Chacun ajouta alors une feuille au tapis. Une feuille rose, une feuille turquoise, une feuille couleur miel. Le chemin devint si joyeux qu’on aurait dit un grand ruban de fête.

On distribua des bonbons en forme d’étoile, de lune et de pomme. Le Petit Fantôme reçut une sucette dorée. Mimi choisit un caramel. Pompon parla si longtemps de sa feuille violette qu’il oublia de manger son bonbon.

Puis la musique commença. Les enfants dansèrent autour des lampes. La Citrouille fit tourner son écharpe verte. Le Petit Fantôme dansa en tenant sa lanterne bien haut. Sa lumière douce se posa sur le tapis de feuilles, et toutes les couleurs semblèrent briller.

Quand la lune monta dans le ciel, les amis retournèrent vers le bois. Le chemin doré était toujours là, bordé de feuilles colorées, de brindilles et de petits glands.

« Demain, nous ajouterons d’autres feuilles », dit Mimi.

« Et je raconterai comment j’ai sauvé le tapis ! » annonça Pompon.

La Citrouille sourit.

« Tu pourras raconter aussi comment nous l’avons décoré tous ensemble. »

Le Petit Fantôme leva sa lanterne sans flamme. Sous sa lumière tranquille, ils rentrèrent chez eux, avec dans les poches quelques bonbons et dans le cœur le souvenir d’une très douce fête d’Halloween.

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