Les dix douceurs du goûter

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Dans le jardin, les feuilles dansaient sans faire de bruit. La lune ronde éclairait les chemins, les buissons et les petits chapeaux pointus des champignons.

La Citrouille avançait avec son chapeau-feuille jaune et son écharpe verte. À côté d’elle, le Petit Fantôme flottait doucement. Il était en feutre blanc et portait une lanterne dorée sans flamme.

« Notre goûter sera prêt quand la corbeille sera pleine », dit la Citrouille.

« Alors, comptons bien », répondit le Petit Fantôme.

Près du banc, ils trouvèrent une petite douceur enveloppée de papier orange.

« Une douceur ! » annonça la Citrouille en la déposant dans la grande corbeille.

Un peu plus loin, deux bonbons ronds brillaient sous les feuilles.

« Nous en avons déjà une. Avec ces deux-là, cela fait trois douceurs », compta le Petit Fantôme.

Il posa les deux bonbons dans la corbeille. La première douceur resta bien visible au milieu, comme une petite lune orange.

Lulu la lanterne arriva en roulant sur ses petits pieds de métal. Sa lumière douce, sans flamme, faisait danser des ronds dorés sur le chemin.

« Je peux vous aider à chercher ? » demanda Lulu.

« Oui, viens avec nous ! » répondirent les deux amis.

Ils partirent tous les trois vers le verger, en faisant attention de ne pas écraser les feuilles.

Sous un pommier, la Citrouille aperçut trois petites sucettes attachées à une branche basse.

« Une, deux, trois ! » compta-t-elle.

Le Petit Fantôme les décrocha avec soin. En les ajoutant aux trois douceurs déjà dans la corbeille, ils obtinrent six douceurs.

« Nous avons six douceurs », dit-il. « Elles sont toutes différentes. »

Lulu éclaira le pied de l’arbre. Une petite souris sortit d’un tas de feuilles. C’était Miette, avec un minuscule chapeau de sorcière violet, bien trop grand pour elle.

« Je cherche le goûter depuis tout à l’heure », dit Miette. « Puis-je venir ? »

« Bien sûr », répondit la Citrouille. « Mais tu devras nous aider à compter. »

Près d’une citrouille creuse, Miette découvrit trois carrés de chocolat emballés dans du papier violet.

« Un, deux, trois ! » chantonna-t-elle.

« Avec les six que nous avons déjà, cela fait sept, huit et neuf », expliqua le Petit Fantôme.

Il posa les trois chocolats dans la corbeille.

La corbeille commençait à sentir la vanille, le caramel et le chocolat. Les amis marchèrent encore jusqu’à la petite barrière blanche.

Sur le dernier poteau, une douceur en forme d’étoile attendait dans un sachet transparent.

La Citrouille la prit entre ses deux petites feuilles.

« Et voici la dixième douceur ! » s’écria-t-elle.

Les quatre amis regardèrent la corbeille.

« Comptons ensemble pour être certains », proposa Lulu.

« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! » dirent-ils tous.

La grande corbeille était pleine de dix petites douceurs.

« Maintenant, préparons les assiettes », dit la Citrouille.

Ils installèrent une nappe à carreaux sur l’herbe. Lulu éclaira les quatre coins. Miette posa de petites feuilles jaunes autour de la table.

Le Petit Fantôme prit la corbeille et compta lentement.

« Nous sommes quatre : la Citrouille, moi, Lulu et Miette. Si chacun reçoit deux douceurs, cela fait huit. »

« Vérifions », dit Miette. « Deux pour toi, deux pour la Citrouille, deux pour Lulu et deux pour moi. »

Le Petit Fantôme distribua les douceurs une par une. La Citrouille reçut une sucette et un bonbon rond. Le Petit Fantôme prit un carré de chocolat et la douceur à la vanille. Lulu eut un bonbon rond et la douceur en forme d’étoile. Miette choisit une sucette et un autre carré de chocolat.

« Comptons ce qui reste dans la corbeille », proposa la Citrouille.

Ils regardèrent ensemble.

« Une sucette et un carré de chocolat ! Il reste deux douceurs pour tout le monde », dit Lulu.

« Alors chacun a deux douceurs à garder, et nous avons encore deux douceurs à partager », ajouta le Petit Fantôme.

Ils déposèrent les deux douceurs restantes au centre de la nappe et les goûtèrent tour à tour, en partageant équitablement.

Le chocolat était tendre, la sucette brillait, et le bonbon rond roulait presque tout seul sur la nappe.

Une brise fit frissonner les feuilles. Au loin, des enfants déguisés en abeilles, en chats et en nuages passèrent dans le chemin en riant doucement.

« Quel goûter paisible », murmura la Citrouille.

« Et quel joli compte », ajouta Miette.

Lulu fit briller sa lumière dorée. Les dix douceurs avaient trouvé leur place : huit dans les assiettes et deux partagées entre tous.

Après le goûter, la Citrouille rangea les papiers dans un petit sac.

« Faisons le dernier compte », dit-elle.

Le Petit Fantôme leva un doigt.

« La Citrouille a deux douceurs. »

Miette leva deux petites pattes.

« Le Petit Fantôme en a deux. »

Lulu fit clignoter sa lumière deux fois.

« Lulu en a deux », dit la Citrouille.

Miette sourit.

« Et moi aussi, j’en ai deux ! »

Ils posèrent ensuite les quatre assiettes côte à côte.

« Deux plus deux plus deux plus deux, cela fait huit », compta le Petit Fantôme.

Lulu montra le centre de la nappe.

« Et là, il y avait deux douceurs partagées. Huit et deux, cela fait bien dix. »

La Citrouille regarda la grande corbeille vide. Elle semblait encore parfumée au caramel.

« Nous avons trouvé dix douceurs, nous en avons donné deux à chacun, et il n’en reste plus aucune. »

« Il reste surtout le souvenir d’un bon goûter », dit Miette.

Personne ne répondit tout de suite. Ils écoutèrent le vent léger, le froissement des feuilles et les pas joyeux des enfants dans le chemin.

Puis la Citrouille remit son chapeau-feuille jaune bien droit.

« Rentrons avant que la lune ne monte plus haut. »

Le Petit Fantôme alluma sa lanterne dorée sans flamme. Lulu roula devant eux et Miette trottina derrière.

Sur le chemin, ils comptèrent encore les feuilles jaunes, les étoiles et les petites lumières de la nuit. Mais pour les douceurs, ils savaient déjà : une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Le goûter était terminé, et la douce nuit d’Halloween pouvait continuer.

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