La cabane aux mille fenêtres
Lire le texte de l’histoire
Au fond du jardin, près du vieux pommier, la Citrouille au chapeau-feuille préparait une surprise. Elle portait une écharpe verte qui dansait autour de son cou et un grand chapeau fait d’une feuille jaune, avec une petite tige au sommet.
Elle avait trouvé quelques planches, deux branches solides et une grande toile de jute. Avec beaucoup de soin, elle construisait une cabane pour les animaux du jardin.
« Ici, le hérisson pourra dormir au sec, dit-elle. Là, les souris auront un coin pour partager leurs noisettes. Et sous le toit, les moineaux pourront se reposer quand le vent soufflera. »
Elle ajouta une petite porte ronde, puis poussa la cabane contre le tronc du pommier.
Le soir arrivait. Le ciel devenait rose, puis violet. La Citrouille entra dans la cabane pour vérifier son travail.
À l’intérieur, c’était presque tout noir.
« Oh… Les animaux ne verront même pas où poser leurs pattes. »
Elle ouvrit la porte en grand. Un mince rayon de lumière entra, mais il ne resta pas longtemps. Une feuille tomba devant l’ouverture. L’intérieur redevint sombre.
La Citrouille soupira et remonta son écharpe verte.
« Il faut trouver une idée. Une idée qui éclaire sans enlever le toit. »
Soudain, une petite lumière bougea derrière les herbes.
« Bonsoir, Citrouille. Tu cherches quelque chose ? »
C’était le Petit Fantôme en feutre blanc. Il avait une forme douce et arrondie, deux petits yeux noirs brillants et un sourire tranquille. Dans ses mains, il portait une lanterne ronde, suspendue à une poignée de bois. Elle brillait d’une douce lumière dorée, sans aucune flamme.
« Je cherche de la lumière pour ma cabane, répondit la Citrouille. J’ai essayé d’ouvrir la porte, mais le vent apporte des feuilles et tout devient sombre. »
Le Petit Fantôme observa les murs de planches.
« Et si nous faisions entrer la lumière par les murs ? »
La Citrouille pencha son chapeau-feuille.
« Par les murs ? Comment ? »
Le Petit Fantôme posa sa lanterne au sol. Sa lumière dorée éclaira un tas de feuilles ramassées dans le jardin. Il y en avait des rouges, des jaunes, des orange, des vertes et même des brunes, avec de jolies nervures.
« Regarde, dit-il. Ces feuilles sont assez fines pour laisser passer la lumière. Nous pouvons en faire de petites fenêtres. »
La Citrouille sourit.
« Des fenêtres en feuilles ! Alors, au travail. »
Ils choisirent les plus belles feuilles. Le Petit Fantôme les plaça devant la lanterne. La lumière traversa le rouge comme une confiture de fraise, le jaune comme du miel et le vert comme une mare couverte de lentilles d’eau.
Dans l’herbe, deux coccinelles s’arrêtèrent pour regarder.
La Citrouille écarta un peu les planches pour laisser de petites ouvertures carrées sur les côtés de la cabane. Le Petit Fantôme tendit les feuilles sur les ouvertures et les fixa avec de fines brindilles.
Une fenêtre rouge apparut près de la porte. Une jaune prit place sur le mur de droite. Une verte s’installa tout au fond. Puis ils en ajoutèrent encore beaucoup d’autres : une orange, une brune, une dorée et même une feuille presque violette.
« On dirait une maison qui porte un manteau de couleurs », murmura la Citrouille.
« Ou un livre dont chaque page serait une fenêtre », répondit le Petit Fantôme.
Quand toutes les feuilles furent bien attachées, le Petit Fantôme leva sa lanterne devant le premier mur.
La lumière passa à travers les fenêtres.
Sur les planches, des taches rouges, jaunes et vertes se mirent à danser. Elles glissèrent sur le sol, sautillèrent jusqu’au plafond et tournoyèrent autour du chapeau-feuille de la Citrouille.
« Elles bougent ! » s’écria-t-elle.
« La lumière aime jouer », dit le Petit Fantôme.
Il déplaça doucement la lanterne. Les taches de lumière changèrent de place. Une petite lune jaune apparut sur la porte. Un papillon orange se posa sur le mur. Une grande feuille verte sembla flotter au-dessus du tapis de mousse.
La Citrouille ajouta quelques coussins de paille et une corbeille de pommes sèches.
La cabane n’était plus sombre. Elle brillait de partout.
La nuit était maintenant douce et claire. Le hérisson arriva le premier, avec une brindille accrochée à son dos.
« C’est ici, la nouvelle maison ? »
« Oui, entre ! » répondit la Citrouille.
Les souris apportèrent des noisettes. Les moineaux descendirent du pommier. Même le vieux crapaud choisit un coin près de la fenêtre verte.
Chacun découvrit les taches de lumière. Quand le Petit Fantôme avançait avec sa lanterne, les couleurs dansaient sur les ailes des moineaux, sur les moustaches des souris et sur les petits piquants du hérisson.
La Citrouille s’assit près de la porte. Son écharpe verte flottait doucement autour de son cou.
« J’avais peur que la cabane soit trop sombre », dit-elle.
Le Petit Fantôme s’installa à côté d’elle.
« Maintenant, elle a mille fenêtres. »
« Mille ? » demanda le hérisson.
Le Petit Fantôme compta les feuilles une par une, mais il se perdit à la douzième. Alors les animaux rirent doucement.
Dehors, le vent fit frissonner les branches du pommier. À l’intérieur, les fenêtres de feuilles frémirent et projetèrent des couleurs nouvelles sur les murs.
La cabane semblait respirer avec le jardin.
La Citrouille ferma la porte, sans la verrouiller. Une petite lueur dorée resta visible entre les planches.
Et toute la nuit, la cabane aux mille fenêtres garda une place pour chaque visiteur.
D’autres histoires à lire

Facile · Écran
Dodo, douce nuit d’automne
Sous les étoiles, une citrouille et un petit fantôme chantent pour que la forêt s’endorme en douceur.

Facile · Écran
La chanson de la lanterne
Quand la petite lumière du Petit Fantôme faiblit, une Citrouille musicienne invente une chanson pour réveiller les lucioles.

Facile · Écran
La Citrouille et le chemin des chaussettes
Un soir d’automne, une citrouille et un petit fantôme suivent un chemin de chaussettes pour aider un écureuil à retrouver sa paire préférée.