Le goûter caché du chemin

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Le soir descendait doucement sur la cour de l’école. Les murs étaient peints en rose, en bleu et en orange. Des fanions dansaient au-dessus des portes. Une odeur de feuilles sèches flottait dans l’air.

La Citrouille arriva en trottinant. Elle portait son grand chapeau-feuille jaune et son écharpe verte, qui traînait presque par terre.

« Petit Fantôme, tu es prêt pour la chasse au goûter ? »

Le Petit Fantôme glissa derrière elle. Il était en feutre blanc, tout doux, avec deux yeux ronds et souriants. Dans sa main, il tenait une lanterne dorée sans flamme.

« Prêt ! Biscotte le panier m’a dit que tout le goûter était caché dans la cour. »

Biscotte, le panier, se balançait sur une branche basse.

« Il faut suivre le chemin de cailloux, annonça-t-il. Mais ouvrez bien les yeux ! »

La Citrouille regarda près d’un banc violet. Quelque chose brillait entre deux pots de fleurs.

« Où est la tasse ? demande-t-elle. Est-elle près du banc, sous le buisson ou derrière le pot rayé ? »

Miette la souris sortit d’un trou et pointa son petit museau.

« Et cherchez aussi trois feuilles d’automne. Une feuille rouge, une feuille orange et une feuille jaune se cachent dans l’image. »

La Citrouille trouva la tasse sous le banc. Le Petit Fantôme repéra la feuille rouge dans un pot. Miette découvrit la feuille orange derrière une pierre. La dernière, toute jaune, était coincée sous le chapeau de la Citrouille.

« Elle était juste là ! » rit-elle.

La lanterne dorée éclaira le chemin, même sans flamme.

Le chemin tournait autour d’une fontaine ronde, décorée de mosaïques bleues. Des citrouilles souriantes étaient posées sur les marches. Au-dessus, des lanternes en papier formaient une guirlande colorée.

« Le deuxième morceau du goûter doit être ici », chuchota le Petit Fantôme.

La Citrouille s’approcha d’une table basse couverte d’un tissu à carreaux. Elle souleva un coin, mais ne trouva rien. Miette regarda dans une botte rouge. Biscotte se pencha si fort qu’il faillit tomber sur le côté.

« Où sont les deux biscuits ? demande le Petit Fantôme. Un biscuit rond et un biscuit en forme de feuille sont cachés dans la cour. »

La Citrouille observa les mosaïques. Une forme dorée dépassait derrière la fontaine.

« J’en vois un ! »

C’était le biscuit en forme de feuille, posé près d’une petite clochette.

« Il en manque encore un », dit Miette.

Tout près, quatre bonbons attendaient aussi leur découverte. Un bonbon rose était sous la table. Un bonbon bleu se cachait dans une chaussure de déguisement. Un bonbon violet brillait près de la fontaine. Le dernier, jaune et blanc, était accroché à la guirlande.

« Où est le biscuit rond ? » demanda la Citrouille.

Le Petit Fantôme leva sa lanterne sans flamme. Sa lumière dorée glissa sur le tissu à carreaux. Là, juste dans un pli, le biscuit rond apparut.

« Le goûter aime jouer à cache-cache », souffla Biscotte.

Les deux biscuits rejoignirent le panier. Les quatre bonbons furent déposés à côté, bien sagement.

Le chemin passait maintenant sous une grande arche couverte de lierre. Des rubans verts et orange flottaient au vent. Au fond de la cour, un vieux pommier avait laissé tomber ses feuilles et ses petits fruits.

« Les noisettes et les étoiles doivent être tout près », dit la Citrouille.

Miette renifla le sol. Biscotte se plaça au milieu des cailloux pour servir de table. Le Petit Fantôme avançait sans bruit, sa lanterne dorée toujours sans flamme à la main.

« Cherchez cinq noisettes », annonça-t-il. « Il y en a une près de la racine, une contre le mur, une dans un pot, une sous une feuille et une derrière mon pied. »

La Citrouille trouva la première. Miette dénicha la deuxième. Biscotte révéla la troisième en soulevant son petit coin. La quatrième roula quand le vent fit danser une feuille. La cinquième était bien derrière le pied du Petit Fantôme.

« Oh ! Elle était presque cachée par mon ombre », dit-il en riant.

Mais il fallait encore six étoiles en papier. Elles étaient petites, brillantes et de couleurs différentes.

« Où est l’étoile rouge ? Où est la bleue ? Et la verte, la jaune, la rose et la violette ? »

La Citrouille regarda l’arche. L’étoile rouge était entre deux rubans. L’étoile bleue se trouvait sur le tronc du pommier. Miette aperçut la verte sous un caillou. La jaune était dans un pot vide. La rose se cachait près du panier. Enfin, la violette flottait dans une flaque, sans être mouillée.

« Voilà le dernier trésor ! » dit la Citrouille.

Le Petit Fantôme posa les noisettes et les étoiles dans Biscotte. Le panier se redressa, très fier.

Tous les trésors étaient dans Biscotte : la tasse, les deux biscuits, les trois feuilles, les quatre bonbons, les cinq noisettes et les six étoiles en papier.

Pourtant, le chemin n’était pas terminé. Il menait à un petit coin de fête, derrière une porte turquoise. Là, une nappe orange attendait sous un arbre. Des coussins ronds formaient un cercle.

« Avant de goûter, il reste une dernière image à regarder », dit Miette.

La Citrouille posa son chapeau sur un coussin. Le Petit Fantôme accrocha sa lanterne dorée à une branche. Elle brillait doucement, sans flamme, comme un petit soleil tranquille.

« Où sont les deux rubans violets ? » demanda Biscotte. « Et les trois glands bruns ? »

Les rubans étaient cachés dans les coussins. Un gland se trouvait près de la nappe, un autre derrière la porte turquoise, et le dernier dans le chapeau-feuille de la Citrouille.

« Cette cour est pleine de cachettes », dit-elle.

Tout le monde s’installa. Une grande personne avait vérifié la tasse et y avait versé une boisson aux pommes tiède. Les biscuits furent partagés. Les bonbons brillèrent comme de petites perles. Les noisettes décorèrent la nappe. Les feuilles et les étoiles ajoutèrent leurs jolies couleurs.

Miette choisit l’étoile rose. Biscotte garda la feuille jaune. Le Petit Fantôme leva sa lanterne sans flamme.

« À la prochaine promenade, on cachera peut-être le goûter ailleurs. »

La Citrouille sourit sous son chapeau jaune.

« Oui. Mais cette fois, je cacherai le panier en premier ! »

Dans la cour colorée, les rubans dansèrent encore un peu. Puis la nuit d’automne s’installa, douce et tranquille, autour du goûter.

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