Les citrouilles du goûter
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La nuit d’automne arrivait doucement. Dans le jardin, les feuilles tournaient comme de petites barques dorées. Au milieu de l’herbe, une grande nappe à carreaux attendait le goûter.
La Citrouille avançait avec son joli chapeau-feuille jaune et son écharpe verte. À côté d’elle, le Petit Fantôme flottait sans bruit. Il portait une lanterne dorée, sans flamme. Elle brillait d’une lumière douce, comme un petit soleil de poche.
« Tout est prêt ? » demanda le Petit Fantôme.
« Presque ! Il nous faut des citrouilles pour décorer la nappe. Comptons-les une à une. »
La Citrouille posa la première, une minuscule citrouille ronde comme une bille.
« UN ! » dit-elle.
Le Petit Fantôme ajouta une douceur : un petit bonbon au miel, enveloppé dans du papier orange.
À ce moment-là, Caramel le hérisson arriva en trottinant. Il portait sur son dos une feuille de chêne immense.
« J’ai trouvé une feuille pour la fête ! » annonça-t-il.
La Citrouille posa une deuxième citrouille, un peu plus grosse que la première.
« DEUX ! » compta le Petit Fantôme.
Caramel déposa sa grande feuille près des bonbons. Puis il regarda la table avec gourmandise.
« Je peux rester pour le goûter ? »
« Bien sûr, si tu nous aides à compter », répondit la Citrouille.
Le vent fit frissonner les arbres. La lanterne dorée éclaira la nappe, les feuilles et les deux petites citrouilles. La fête commençait à prendre forme.
Paillette la cuillère dansante arriva en tournoyant. Elle portait un ruban violet autour de son manche.
« Je connais une chanson pour compter ! » dit-elle.
Elle fit un petit tour sur elle-même et la Citrouille ajouta une troisième citrouille, orange et brillante.
« TROIS ! » chantèrent ensemble la Citrouille et le Petit Fantôme.
Paillette accrocha son ruban violet au bord de la nappe. Il dansa dans le vent, sans jamais se défaire.
Puis une mésange apporta une quatrième petite citrouille dans son bec. Elle la posa avec soin entre les deux premières.
« QUATRE ! » dit le Petit Fantôme.
La mésange ajouta une feuille ronde, couleur cuivre. Caramel la fit glisser près de la grande feuille de chêne.
« Elles ressemblent à deux assiettes pour les fées », remarqua-t-il.
« Ou à deux voiles de bateau », dit la Citrouille.
Une taupe souriante sortit ensuite d’un petit coin de terre. Elle poussait une cinquième citrouille, minuscule et tachetée.
« CINQ ! » compta la Citrouille.
La taupe posa aussi cinq petits biscuits en forme d’étoile, mais elle n’en ajouta qu’un sur la nappe, pour ne pas surcharger la table.
« Le reste attendra dans le panier », précisa-t-elle.
Paillette se balança doucement. Son ruban violet chatouilla le nez de Caramel. Le hérisson éternua, puis rit.
La nappe était maintenant décorée de cinq citrouilles, de deux feuilles, d’un ruban et de plusieurs douceurs. La lune montait entre les branches.
« Il manque encore quelques invités », murmura le Petit Fantôme.
Comme pour lui répondre, deux petits écureuils arrivèrent avec une citrouille rayée entre eux. Ils la déposèrent au centre de la nappe.
« SIX ! » dit la Citrouille.
Les écureuils ajoutèrent une douceur chacun : un carré de nougat et une madeleine au potiron.
Un lapin déguisé en magicien passa derrière la haie. Son chapeau était trop grand pour lui. Il le souleva et fit apparaître une septième citrouille, cachée dessous.
« SEPT ! » s’écria Paillette en faisant tinter son manche.
Le lapin accrocha un ruban bleu autour du panier à gâteaux.
Caramel renifla le nougat, puis regarda le Petit Fantôme.
« Est-ce que compter donne faim ? »
« Seulement quand on pense au goûter », répondit le Petit Fantôme.
Une famille de souris, vêtues de petites capes colorées, apporta une huitième citrouille. Elle était blanche avec des rayures orange.
« HUIT ! » comptèrent tous les amis.
Les souris ajoutèrent une feuille d’érable et une poignée de noisettes. Caramel les rangea bien droit, sans en croquer une seule. C’était difficile, mais il essayait.
Il ne restait plus que deux nombres.
La Citrouille regarda autour d’elle. Près d’un tas de feuilles, elle trouva une neuvième citrouille, longue et jaune comme une petite poire.
« NEUF ! » dit-elle en la posant sur la nappe.
Une chouette aux grands yeux doux descendit d’une branche. Elle portait un petit déguisement de fée, avec un chapeau rose à étoiles.
« Pour la fête, voici une feuille argentée et des perles de sucre », dit-elle.
La feuille brillait sans éblouir. Les perles de sucre ressemblaient à de minuscules gouttes de lune.
Tout à coup, le Petit Fantôme aperçut quelque chose derrière le panier.
« Regardez ! »
C’était la dixième citrouille. Elle était ronde, dorée et attachée à un ruban vert.
La Citrouille la plaça au milieu de la table.
« DIX ! » annoncèrent tous les amis.
La lanterne dorée illumina les dix citrouilles. La nappe était couverte de bonbons, de biscuits, de noisettes, de feuilles et de rubans. Paillette dansait près du panier. Caramel servait les douceurs avec beaucoup de sérieux.
La Citrouille coupa un gâteau moelleux au potiron.
« Une part pour chacun, et une petite pour la lune », dit-elle.
Le Petit Fantôme leva sa lanterne sans flamme. Sous les étoiles, les amis trinquèrent avec du jus de pomme pétillant.
Tous riaient. On entendait seulement le froissement des feuilles et le tintement joyeux de Paillette.
Les dix citrouilles semblaient sourire dans la nuit douce. Le goûter pouvait commencer.
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