Le panier aux murmures de châtaigne

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Dans la clairière, la nuit d’automne s’installait doucement. Les feuilles dansaient sur le chemin, les lanternes brillaient aux fenêtres et l’on entendait, de maison en maison, des rires et des grelots.

La Citrouille au chapeau-feuille jaune avançait avec son écharpe verte bien nouée. À côté d’elle flottait le Petit Fantôme en feutre blanc. Il portait une lanterne dorée sans flamme. Elle éclairait juste assez pour faire scintiller les châtaignes au sol.

Soudain, près du grand chêne, un doux murmure s’éleva :

« Miette… Miette… »

Les deux amis s’arrêtèrent.

Sous un tas de feuilles se trouvait un joli panier rond, tressé de brindilles. Il avait deux petites poignées, comme des oreilles, et une étiquette où l’on pouvait lire : Pimpon.

« Tu as parlé ? » demanda la Citrouille.

Le panier remua légèrement.

« Miette… Pimpon… Chouquette… Monsieur Hibou… »

Le Petit Fantôme pencha sa tête ronde.

« On dirait que tu connais tous les invités du goûter d’Halloween ! »

Pimpon chuchota encore quelques noms, mais sa voix tremblait. Il ne chantait pas comme un panier joyeux. Il semblait avoir perdu son joli son de clochette.

Miette l’écureuil arriva en courant. Elle portait un petit chapeau de sorcière en tissu violet, beaucoup trop grand pour elle. Sa queue chatouillait les feuilles derrière ses pas.

« Vous m’avez appelée ? » demanda-t-elle.

« Pimpon a murmuré ton nom, » expliqua la Citrouille. « Mais il n’a pas l’air heureux. »

Miette observa le panier. À l’intérieur, il n’y avait rien, sauf trois feuilles sèches et une châtaigne brillante.

« Peut-être qu’il a faim, » proposa-t-elle.

La Citrouille déposa une petite poignée de noisettes dans le panier.

Pimpon fit : toc, toc, toc.

Puis il murmura : « Chouquette… Monsieur Hibou… »

Le Petit Fantôme ajouta un bonbon en forme d’étoile.

Pimpon remua ses poignées, mais sa voix resta toute petite.

« Peut-être qu’il veut encore quelque chose, » dit le fantôme.

Alors ils partirent chercher les voisins. Chouquette la souris apporta un ruban orange. Monsieur Hibou apporta deux plumes douces. Les lapins déposèrent des pommes en tranches. Même le vieux blaireau, qui parlait peu, offrit une minuscule clochette.

À chaque cadeau, Pimpon répétait les noms des amis. Pourtant, il ne retrouvait pas son rire.

La Citrouille regarda le panier avec attention.

« Pimpon, que voudrais-tu vraiment ? »

Le panier resta silencieux. Une seule châtaigne roula sur le sol.

La châtaigne roula jusqu’à la lanterne dorée du Petit Fantôme. Celui-ci la ramassa et la posa dans ses mains de feutre.

« Tu ne veux peut-être pas seulement être rempli, » murmura-t-il. « Tu veux peut-être que chacun pense à toi. »

La Citrouille comprit aussitôt.

« Le goûter est pour tout le monde. Mais personne n’a encore préparé une attention pour Pimpon ! »

Miette frappa doucement dans ses pattes.

« Faisons-lui une surprise ! »

Les amis se mirent au travail. Chouquette accrocha le ruban autour du panier. Monsieur Hibou glissa les plumes entre les brindilles. Les lapins dessinèrent de petits soleils sur des feuilles. Le blaireau noua la clochette à une poignée.

La Citrouille plaça au centre une châtaigne bien lisse, peinte d’un minuscule sourire. Le Petit Fantôme posa sa lanterne à côté, pour que le sourire brille.

Puis tous les voisins arrivèrent avec une petite chose choisie pour Pimpon : un bouton brillant, une fleur séchée, un morceau de laine, une noisette, un biscuit rond.

« Nous t’avons gardé une place au goûter, » dit la Citrouille. « Et nous avons pensé à toi. »

Pimpon frémit de bonheur. Ses poignées se redressèrent. La châtaigne au centre se mit à tinter doucement.

Ding, ding, ding !

Pimpon se mit alors à parler d’une voix claire et joyeuse.

« Miette ! Chouquette ! Monsieur Hibou ! Les lapins ! Le blaireau ! La Citrouille ! Le Petit Fantôme ! »

Chaque nom sonnait comme une petite note de musique.

Le panier n’appelait plus les invités pour vérifier s’ils venaient. Il les appelait pour leur souhaiter la bienvenue.

On installa une grande nappe sous le grand chêne. Il y avait des madeleines, des quartiers de pomme, des bonbons colorés et du lait tiède à la cannelle. Les déguisements dansaient dans la brise. Le chapeau de Miette tombait sur ses yeux, l’écharpe verte de la Citrouille chatouillait son nez et le Petit Fantôme faisait tourner sa lanterne dorée sans flamme.

Pimpon resta au milieu de la nappe. Chacun y glissa une dernière petite attention.

Quand la lune monta entre les branches, le panier chanta si joliment que les feuilles semblèrent danser avec lui.

« Tu as retrouvé ta voix, » dit le Petit Fantôme.

Pimpon fit tinter sa clochette.

« Je l’avais cachée dans vos gentillesses. »

La Citrouille sourit sous son chapeau-feuille jaune. Puis elle servit une dernière châtaigne cuite et refroidie à partager.

Et dans la clairière, Halloween continua, douce, dorée et pleine de murmures heureux.

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