Les lanternes de citrouille à travers le monde : la version irlandaise au navet

Avant de devenir une grande citrouille orange, la lanterne d’Halloween pouvait être un simple navet. Cette tradition irlandaise peut aussi se découvrir en fabriquant une version en papier, sans avoir à creuser de légume.

Une petite lanterne de navet et une citrouille souriante éclairent le rebord d’une fenêtre au crépuscule.

Avant la citrouille, le navet

La lanterne d’Halloween n’a pas toujours été orange et bien ronde. En Irlande, on a longtemps creusé des légumes-racines, notamment des navets, pour y placer une lumière. Cette pratique existait aussi dans certaines régions de Grande-Bretagne, avec des différences selon les lieux.

Imagine un légume plus petit qu’une citrouille, avec une peau claire ou violacée. Une fois évidé et percé de quelques ouvertures, il devient une petite lanterne. Son aspect irrégulier donne à chaque visage une expression différente : deux trous ronds peuvent suffire à créer des yeux étonnés.

Le mot anglais turnip ne désigne pas toujours exactement le même légume selon les régions et les usages, ce qui peut prêter à confusion. Certains légumes appelés ainsi sont des rutabagas. Il vaut donc mieux retenir la famille des légumes-racines plutôt qu’imaginer un modèle unique de navet.

Ces lanternes accompagnaient les traditions de la fin octobre. Halloween s’inscrit dans une histoire où se mêlent des coutumes saisonnières et des fêtes religieuses. La lanterne de navet appartient à cet ensemble, mais cela ne signifie pas que tous les foyers irlandais en fabriquaient de la même manière.

Une histoire pour la lumière

Une légende irlandaise raconte comment ce drôle de légume est devenu une lanterne. C’est l’histoire de Jack, un personnage rusé qui finit par voyager avec une petite lumière placée dans un navet creusé. Il existe plusieurs versions du récit, parfois bien moins douces que celle que l’on souhaite raconter aux enfants.

Une légende n’est pas un reportage sur un événement réel. Elle aide à donner du sens à une coutume, et elle change au fil des récits. L’histoire de Jack accompagne celle des lanternes, sans fournir à elle seule une date certaine pour leur invention.

Si tu préfères découvrir le personnage dans une ambiance tranquille, la légende de Stingy Jack propose un récit en douceur. Tu peux ensuite imaginer sa lanterne comme une veilleuse de voyage : une petite lumière pour éclairer le prochain pas, plutôt qu’un objet destiné à faire peur.

Le nom anglais jack-o’-lantern désigne aujourd’hui couramment la citrouille creusée d’Halloween. Pourtant, le légume orange n’a pas toujours été au centre de l’histoire. Avec le navet, on retrouve la même idée de lanterne sous une autre forme, plus ancienne.

Le voyage vers la citrouille

Au XIXe siècle, les migrations irlandaises et écossaises vers l’Amérique du Nord ont contribué à faire voyager les coutumes d’Halloween. Sur place, les citrouilles offraient une autre possibilité pour fabriquer des lanternes : elles étaient disponibles à l’automne et leur grande taille se prêtait bien à la décoration.

Une famille réunit sur une table une petite lanterne de navet et une grande citrouille, près d’une ancienne malle.

Une citrouille possède déjà une cavité contenant des graines et des filaments. Un navet, lui, est plein et dense. Pour obtenir une lanterne dans un légume-racine, il faut donc retirer beaucoup plus de matière compacte. La citrouille a aussi davantage de place pour y dessiner un visage.

La version orange s’est largement diffusée, notamment par les images, les fêtes et les décorations. Elle est devenue familière dans de nombreux pays, dont la France. Cela ne veut pas dire qu’il existe une seule façon mondiale de célébrer Halloween, ni que chaque pays possède une ancienne tradition de légumes creusés.

Aujourd’hui, navets et citrouilles peuvent cohabiter dans les présentations consacrées aux traditions irlandaises. Le navet y évoque une pratique plus ancienne, tandis que la citrouille montre comment cette coutume s’est transformée en voyageant. On peut choisir l’un ou l’autre sans en faire la seule lanterne autorisée.

Deux légumes à observer

Si tu poses un navet et une citrouille côte à côte, commence par chercher trois différences : la couleur, la forme et la taille. Observe ensuite leur surface. Un légume un peu bosselé peut suggérer une joue ronde ou un sourire penché, sans qu’il soit nécessaire de le découper.

Pour comparer avec une version dessinée, tu peux regarder La citrouille-lanterne sous la lune. Repère les ouvertures par lesquelles la lumière semble passer, puis imagine le même visage sur un petit navet. Il faudrait peut-être réduire les yeux ou simplifier la bouche pour conserver des formes bien visibles.

La lumière change aussi notre façon de voir les couleurs. Sur une lanterne, les ouvertures lumineuses attirent davantage le regard que la peau du légume. Quelques formes simples suffisent donc souvent à faire reconnaître une expression joyeuse, même avec un dessin peu compliqué.

Vous pouvez mener cette observation avec des légumes entiers ou des photographies. Pour comprendre le principe d’une lanterne ancienne, vous pouvez l’étudier sans la reproduire à l’identique. Comparer les matières et les volumes permet déjà de saisir pourquoi la citrouille s’est si bien prêtée à cet usage.

À partir de quel âge ?

Dès 6 ans, vous pouvez proposer la découverte de cette tradition avec une histoire courte, une comparaison d’images et une lanterne en papier. Entre 8 et 12 ans, vous pouvez ajouter la distinction entre légende et fait historique, puis suivre sur une carte le voyage entre l’Irlande et l’Amérique du Nord.

Deux enfants et leurs parents dessinent des visages de lanternes autour d’une table, près d’une carte et d’un navet illuminé.

Le creusage d’un navet n’est pas une activité autonome adaptée aux enfants : sa chair dense rend le travail difficile. Si vous souhaitez montrer un véritable légume creusé, réservez cette préparation à un adulte. L’enfant peut choisir l’expression et dessiner le modèle sur une feuille.

Pour éclairer une création familiale, privilégiez une petite lumière à LED, sans flamme. Vous pouvez conserver son boîtier fermé et hors de portée des plus jeunes s’il contient des piles accessibles. Une version en papier suffit pour participer à l’activité.

À faire ensemble

Propose un duo de lanternes en papier : un navet et une citrouille. Prépare deux feuilles, des crayons, du papier jaune, de la colle et des ciseaux adaptés. Le but est de représenter la même expression sur deux légumes différents, puis d’observer ce qui change.

Sur ta première feuille, dessine un navet arrondi avec une pointe en bas et une petite touffe de feuilles en haut. Sur la seconde, dessine une citrouille plus large avec une tige. Choisis un visage simple pour les deux : des yeux ronds et un sourire, par exemple.

Découpe des formes dans le papier jaune, puis colle-les à la place des yeux et de la bouche. Ce jaune représentera la lumière : aucune découpe à l’intérieur du dessin n’est nécessaire. Colorie ensuite la peau autour, en laissant les ouvertures bien visibles.

Vous pouvez afficher les deux créations côte à côte avec les mots « légume-racine » et « citrouille », puis demander ce qui reste identique. Les enfants verront facilement que le contenant change, mais que le visage lumineux demeure. Cette comparaison les aide à comprendre concrètement comment une tradition voyage.

Tu peux ensuite lire La tournée des 9 lanternes et inventer une dixième halte pour ton navet de papier. Imagine où il poserait sa lumière : près d’une fenêtre, au bord d’un jardin ou devant une petite maison dessinée ?

Sources : National Museum of Ireland