Pourquoi certaines écoles françaises organisent une semaine du goût autour d'Halloween
En octobre, certaines écoles rapprochent leurs activités sur le goût des citrouilles et des couleurs d’Halloween. Ce choix permet surtout de découvrir les aliments d’automne et d’apprendre avec un thème familier, sans faire d’Halloween une fête obligatoire à l’école.

Deux rendez-vous proches
Une semaine consacrée au goût et Halloween n’ont pas le même objectif. La première invite à découvrir des aliments, à parler des sensations et à comprendre ce que l’on mange. Halloween est une fête du calendrier, célébrée le 31 octobre. Leur rapprochement dans certaines classes vient d’abord de leur proximité en automne, pas d’un programme commun imposé à toutes les écoles françaises.
Les activités scolaires autour du goût peuvent prendre place en octobre, notamment à l’occasion du rendez-vous annuel consacré à cette découverte. Les enseignants restent libres d’imaginer un projet adapté à leur classe. Certains choisissent les pommes, les pains ou les légumes du potager. D’autres utilisent les courges et une ambiance d’Halloween douce pour donner un fil conducteur aux séances.
Halloween tombe pendant les vacances de la Toussaint dans le calendrier scolaire habituel de la métropole. Une activité en classe peut donc avoir lieu avant les congés plutôt que le jour de la fête. Pour distinguer la date de la fête du calendrier des activités scolaires, vous pouvez lire pourquoi Halloween tombe toujours le 31 octobre.
Un décor pour apprendre
Une citrouille attire le regard et peut devenir un objet d’observation. Quelle est sa forme ? Sa peau est-elle lisse ou côtelée ? Ressemble-t-elle à la courge voisine ? En partant d’un objet concret, l’enseignant peut faire travailler le vocabulaire, la description et la comparaison, sans transformer toute la semaine en fête costumée.
Si tu observes une courge en classe, tu peux chercher trois mots précis pour la décrire. « Orange », « ronde » et « lourde » ne racontent pas la même chose : le premier parle de couleur, le deuxième de forme, le troisième de poids. Tu apprends ainsi à regarder un aliment autrement que comme quelque chose que tu aimes ou que tu n’aimes pas.
Le thème peut aussi relier plusieurs apprentissages. Compter des légumes mobilise les nombres ; dessiner leur coupe fait observer leur organisation. Raconter une dégustation fait travailler l’expression orale. En plus de décorer la classe, ce thème permet donc de construire des activités qui ont chacune un objectif clair.
Le goût, pas seulement les bonbons
Halloween fait souvent penser à la récolte de friandises. À l’école, une semaine du goût peut élargir cette image en faisant découvrir des aliments de saison, leurs origines et leurs transformations. Une pomme entière, une compote et du jus permettent, par exemple, de parler de présentations différentes d’un même fruit, sans organiser un concours du meilleur aliment.
Une découverte du goût ne repose pas uniquement sur la bouche. La vue, l’odorat et le toucher participent aussi à l’exploration des aliments. Les mots comptent beaucoup : croquant, fondant, granuleux, doux ou acide aident à décrire une expérience. Dire seulement « c’est bon » ou « ce n’est pas bon » laisse de côté toutes ces nuances.
Si tu n’as pas envie de goûter, tu peux déjà observer et écouter les descriptions des autres. Le but n’est pas de gagner en avalant un aliment inconnu. Tu peux dire « je ne connais pas encore cette odeur » ou « cette texture me surprend ». Une découverte réussie laisse une place aux sensations différentes et ne transforme pas les préférences en bonnes ou mauvaises réponses.
Pour vous, parents ou enseignants, les consignes de l’établissement restent importantes : les aliments apportés et les éventuelles dégustations doivent les respecter, notamment en matière d’allergies et d’hygiène. Un atelier d’observation sans dégustation peut lui aussi répondre à des objectifs pédagogiques.
Une fête qui reste facultative
Toutes les écoles ne célèbrent pas Halloween, et toutes les familles n’y accordent pas la même place. Une équipe enseignante peut retenir uniquement les courges, les récoltes et les couleurs d’automne. Le projet garde alors son sens même sans déguisement, sans distribution de bonbons et sans référence à des personnages imaginaires.
Si vous vous interrogez sur le projet annoncé, demandez ce que les enfants vont réellement faire : observer des légumes, rencontrer un professionnel de l’alimentation, déguster ou préparer une exposition. Ces précisions sont plus utiles que le seul mot « Halloween ». Comprendre pourquoi certains parents n’aiment pas Halloween peut aussi aider à échanger sans supposer que toutes les familles partagent les mêmes habitudes.
La fête peut enfin ouvrir une petite discussion culturelle, à condition de ne pas présenter une coutume comme universelle. Tu peux découvrir Halloween autour du monde pour comprendre que cette fête n’a pas partout la même place. En classe aussi, on peut partager un atelier d’automne sans célébrer tous la même chose à la maison.
À partir de quel âge ?
Dès la maternelle, vous pouvez proposer une découverte très simple : observer deux légumes, nommer leurs couleurs et comparer leurs formes. Les séances gagnent à rester courtes, avec peu d’objets à la fois. Il n’est pas nécessaire d’expliquer toute l’histoire d’Halloween pour mener ce travail.
Entre 6 et 8 ans, vous pouvez introduire des mots plus précis et demander à l’enfant de justifier une comparaison. Entre 9 et 12 ans, vous pouvez aller vers l’origine des aliments, leur saisonnalité ou la différence entre une fête et un projet pédagogique. Ce sont des repères souples, à adapter aux intérêts de l’enfant et aux activités de sa classe.
À faire ensemble
Proposez un petit « musée d’automne » sur une table, avec trois aliments entiers disponibles chez vous, par exemple une pomme, une poire et une petite courge alimentaire. Ajoutez une feuille et des crayons. Aucune cuisson ni dégustation n’est nécessaire : l’activité consiste à observer, comparer et présenter.
Choisis un aliment et dessine-le sans chercher à faire un dessin parfait. Trouve ensuite un mot pour sa couleur, un pour sa forme et un pour l’aspect de sa peau. Si un adulte t’accompagne, dicte-lui tes observations ou écris-les toi-même. Puis compare ton aliment avec un autre : qu’ont-ils en commun ? Qu’est-ce qui les distingue ?
Pour terminer, vous pouvez demander à l’enfant ce qu’il aimerait expliquer à sa classe. Une phrase suffit : « Ces deux fruits ont une forme différente » ou « Cette courge a plusieurs couleurs ». Cette activité reprend l’essentiel d’une semaine du goût : prendre le temps de découvrir et de mettre des mots sur ses observations, puis partager ses découvertes. Elle peut se faire avec ou sans décor d’Halloween.