Les grenouilles et les crapauds en automne : où vont-ils ?
Quand les journées raccourcissent, les grenouilles et les crapauds deviennent plus discrets. Ils cherchent des abris pour passer la saison froide, mais tous ne choisissent pas la même cachette.

Pourquoi les voit-on moins ?
Tu apercevais un crapaud près du potager et, depuis quelques semaines, il ne se montre plus ? Il n’est pas forcément parti très loin. En automne, les amphibiens changent de rythme. Lorsque les températures baissent, leur activité ralentit et ils passent davantage de temps à l’abri.
Une grenouille ne maintient pas son corps à une température constante comme un oiseau ou un mammifère. Sa température dépend beaucoup de son environnement. Avec le froid, elle se déplace moins et mange moins. Les petites proies dont elle se nourrit deviennent aussi moins faciles à trouver.
Ce changement ne suit pas une date précise du calendrier. Selon la région, la météo et l’espèce, tu peux encore observer des grenouilles ou des crapauds pendant une soirée douce et humide d’automne. À l’inverse, une période froide peut les rendre discrets plus tôt.
Les feuilles tombées servent parfois d’abri, en plus de faire partie du décor. Avec le coloriage À la découverte des feuilles d’automne, tu peux regarder leurs formes avant de repérer, dehors, les endroits où elles s’accumulent naturellement.
Des cachettes sur terre ou dans l’eau
Les crapauds communs passent généralement l’hiver sur la terre ferme, dans un endroit protégé du gel. Une cavité du sol, un ancien terrier, un espace sous une souche ou sous du bois peuvent leur servir de refuge. Ils peuvent aussi s’abriter sous une épaisse couche de feuilles mortes.
Pour les grenouilles, la réponse dépend de l’espèce et des conditions locales. Certaines passent l’hiver à terre, dans des refuges comparables. D’autres restent dans l’eau. Chez la grenouille rousse, par exemple, certains individus hivernent au fond d’une mare, tandis que d’autres choisissent un abri terrestre.
Une grenouille ne passe donc pas obligatoirement tout l’hiver dans une mare. De son côté, un crapaud n’a pas besoin de rejoindre l’eau pour se mettre à l’abri. Beaucoup d’amphibiens vivent à terre pendant une grande partie de l’année, même s’ils dépendent de l’eau pour se reproduire.
Un refuge peut convenir à l’animal sans ressembler à une jolie petite maison. Il faut surtout que les conditions y soient adaptées, avec de l’humidité et une protection contre le froid. Inutile de soulever les pierres ou les bûches pour vérifier qui s’y cache.
Un repos qui n’est pas un sommeil
On parle souvent d’hibernation pour décrire cette période où le corps fonctionne au ralenti. Les déplacements et l’activité générale diminuent, tout comme les besoins en nourriture. Ce fonctionnement est différent de celui d’une longue nuit de sommeil comme celle que tu connais.
Une période plus douce peut permettre à un amphibien de redevenir actif, même en hiver. Si tu vois une grenouille dehors lors d’un redoux, cela ne signifie donc pas automatiquement qu’elle est en difficulté. Son activité dépend davantage du temps qu’il fait que de la date.
Une grenouille peut rester sous l’eau en absorbant de l’oxygène à travers sa peau. Pendant le repos hivernal, ses besoins sont réduits. Toutes les eaux ne lui conviennent pas pour autant : les conditions du milieu restent importantes, en particulier la quantité d’oxygène qui y est disponible.
Tu n’as pas besoin de chercher à nourrir ces animaux pour les préparer à l’hiver, ni de les installer dans une boîte comme des pensionnaires. Leur laisser accès à des refuges naturels leur est bien plus utile que de tenter d’organiser toi-même leur repos à leur place.
Un jardin accueillant sans déranger
Si vous avez un jardin, vous pouvez conserver un petit coin peu remué, avec des feuilles mortes et du bois posé au sol. Choisissez de préférence un endroit tranquille, ombragé et qui ne sera pas nettoyé quelques jours plus tard. Cet espace peut aussi profiter à de nombreux petits animaux.
Avant de déplacer un tas de feuilles ou de bois, prends le temps de regarder ce qui est visible, sans fouiller profondément. Évite de retourner tout un refuge pour montrer un animal à un enfant : mieux vaut garder sa cachette intacte que la démonter pour l’observer.
Si vous avez une mare, conservez une sortie accessible, par exemple une berge en pente douce. Pour l’observation avec un enfant, restez sur un bord stable, sous la surveillance d’un adulte. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans l’eau ni de se pencher au-dessus pour apprendre.
Si tu croises un crapaud dans un endroit tranquille, observe-le sans le prendre dans tes mains. Recule un peu et laisse-lui un passage. S’il se glisse sous les feuilles, tu viens peut-être de découvrir son refuge : garde simplement son emplacement en mémoire, sans le rouvrir.
À partir de quel âge ?
Dès 6 ans, vous pouvez proposer une courte observation accompagnée et expliquer que les amphibiens cherchent un abri quand le froid arrive. À cet âge, la distinction entre un animal actif et un animal au repos suffit, sans multiplier les termes scientifiques.
Vers 8 à 12 ans, vous pouvez comparer les refuges terrestres et aquatiques, puis discuter du rôle de la température. Adaptez surtout la durée de la sortie à l’intérêt de l’enfant. Près d’une mare, votre présence attentive reste nécessaire, quel que soit son âge.
À faire ensemble
Fabrique une carte des refuges possibles. Avec un adulte, choisis un petit espace accessible : un jardin, un parc ou le bord d’un chemin autorisé. Emporte une feuille, un crayon et un support rigide. Tu vas y repérer les endroits qui pourraient abriter un animal, sans chercher à en trouver un à tout prix.
Dessine trois éléments visibles sans rien déplacer : un tas de feuilles, une souche, un pied de haie ou une mare observée à distance. À côté de chacun, note ce que tu remarques : ombre, humidité apparente, protection contre le vent. Écris « refuge possible », car tu ne sais pas s’il est réellement occupé.
De retour à la maison, invente un petit symbole pour chaque type d’abri. Le Mandala des trésors d’automne peut prolonger cette observation en couleurs : retrouve les éléments végétaux qui évoquent le sol de saison, puis ajoute-les autour de ta carte sur une autre feuille.
Si vous préférez construire, inspirez-vous du coloriage Le mobile aux trésors d’automne pour créer des feuilles en papier à suspendre. Utilisez vos dessins plutôt que de prélever les matériaux d’un refuge. Vous pourrez ensuite revenir observer le même lieu lors d’une journée plus fraîche, sans toucher aux cachettes, et comparer simplement ce qui a changé.