Les couleurs des feuilles d'automne selon les régions de France

Pourquoi les feuilles deviennent-elles dorées dans une forêt et restent-elles vertes dans une autre ? En France, les couleurs d’automne dépendent surtout des arbres présents, de l’altitude et du temps qu’il fait. Ces repères t’aident à préparer une promenade et à savoir quoi observer.

Un enfant et un parent observent des feuilles devant plusieurs paysages français aux couleurs d’automne.

Une palette, pas une date fixe

En automne, les feuilles de nombreux arbres perdent peu à peu leur chlorophylle, le pigment qui leur donne leur couleur verte. Des pigments jaunes et orangés, déjà présents, deviennent alors plus visibles. Chez certaines espèces, d’autres pigments, appelés anthocyanes, se forment et apportent des nuances rouges ou pourpres.

Tu peux retenir quelques indices : les bouleaux prennent souvent des tons jaunes, les hêtres passent du jaune au cuivre, et certains érables montrent de l’orange ou du rouge. Les chênes peuvent devenir jaunes, roux ou bruns. Mais deux arbres d’une même espèce ne changent pas forcément de couleur exactement au même moment.

Pour organiser une sortie, vous pouvez prendre septembre à novembre comme une large période d’observation, sans y voir un calendrier garanti. L’altitude, l’exposition et la météo décalent les couleurs. Une sécheresse peut aussi faire brunir ou tomber les feuilles sans donner les teintes attendues. Le meilleur indice reste l’état des arbres autour de vous.

Au Nord et à l’Ouest

Dans les Hauts-de-France, en Normandie, en Bretagne ou dans les Pays de la Loire, les paysages ne présentent pas tous la même palette. Une forêt de hêtres, une haie de chênes et un parc planté d’érables peuvent prendre des couleurs d’automne très différentes, même à quelques kilomètres de distance.

Tu peux chercher les jaunes et les tons cuivrés dans les bois de feuillus. Dans les haies, les feuilles jaunes des noisetiers peuvent côtoyer celles des chênes, devenues rousses ou brunes. Près du littoral, les arbres à feuillage persistant et les conifères conservent des zones vertes au milieu du paysage.

Vous pouvez commencer à repérer les changements en septembre, puis suivre leur progression en octobre et en novembre. Sur les secteurs exposés, le vent peut faire tomber rapidement les feuilles déjà prêtes à se détacher. Pour une promenade colorée, mieux vaut observer les environs quelques jours avant que choisir une date uniquement d’après le nom de la région.

À l’Est et en montagne

Dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté et dans les massifs montagneux, l’altitude devient un repère important. Les couleurs apparaissent souvent plus tôt en hauteur qu’en plaine, sans que ce soit une règle absolue. Un versant ensoleillé, un fond de vallée et une lisière peuvent évoluer à des rythmes différents.

Dans les Vosges ou le Jura, tu peux observer le contraste entre les hêtres qui jaunissent ou cuivrent et les sapins ou les épicéas qui restent verts. Dans certains secteurs des Alpes, les mélèzes deviennent jaunes puis dorés avant de perdre leurs aiguilles. Tous les conifères ne gardent donc pas leur feuillage en hiver, une particularité utile à connaître.

Pour rechercher les mélèzes dorés, vous devez donc choisir un secteur où ils poussent réellement, plutôt qu’une destination de montagne au hasard. Selon l’altitude et l’année, leur coloration peut s’observer au cours de septembre ou d’octobre. Une chute de neige ou un épisode venteux peut raccourcir la période d’observation.

Au Centre et dans le Sud-Ouest

Du Centre-Val de Loire au Limousin, de l’Auvergne au Périgord, les chênaies, les hêtraies et les châtaigneraies composent des paysages variés. Là où ces arbres sont présents, les jaunes, les ors, les cuivres et les bruns occupent souvent une grande place. Les reliefs du Massif central ajoutent des différences liées à l’altitude.

Tu peux comparer une feuille de châtaignier, longue et bordée de dents, avec une feuille de chêne aux lobes arrondis chez certaines espèces. Même lorsqu’elles portent une couleur proche, leurs formes permettent de voir qu’elles ne viennent pas du même arbre. Une feuille au sol n’est toutefois pas toujours tombée de l’arbre juste au-dessus : le vent la déplace.

Dans les Pyrénées aussi, la composition de la forêt compte davantage qu’une étiquette régionale. Une hêtraie peut prendre des couleurs chaudes, tandis qu’un bois de conifères voisin reste largement vert. Vous pouvez choisir un parcours traversant plusieurs milieux pour observer ces contrastes sans chercher une couleur unique pour tout le massif.

Près de la Méditerranée

Sur le littoral méditerranéen et en Corse, une partie importante de la végétation garde ses feuilles toute l’année. Les pins, les chênes verts et les oliviers maintiennent ainsi beaucoup de vert dans les paysages. Les couleurs d’automne y sont aussi présentes, avec une répartition différente de celle des autres paysages.

Tu peux chercher les feuillages jaunes des peupliers près des cours d’eau, ou ceux des platanes dans les lieux où ils ont été plantés. Les vignes peuvent aussi jaunir ou rougir selon les cépages et les conditions de l’année. Pour les observer, reste sur les chemins accessibles : une parcelle cultivée n’est pas un espace de promenade.

Dans les reliefs de Provence, des Cévennes ou de Corse, les forêts ne ressemblent pas forcément à celles du bord de mer. Vous pouvez rencontrer davantage d’arbres à feuilles caduques selon les secteurs. La différence entre littoral et montagne est donc souvent plus parlante qu’une comparaison entre deux grandes régions administratives.

À partir de quel âge ?

Dès 6 ans, vous pouvez proposer de retrouver trois couleurs et deux formes de feuilles pendant une courte balade. Il n’est pas nécessaire de connaître les noms des arbres pour commencer : comparer, décrire et remarquer les différences est déjà une manière d’observer.

Vers 8 à 12 ans, vous pouvez ajouter un petit carnet et revenir voir le même arbre chaque semaine. L’enfant peut noter la date, dessiner une feuille et indiquer si l’arbre est encore très feuillu. Pour les plus jeunes, choisissez simplement un trajet court et des observations faciles depuis le chemin.

À faire ensemble

Fabrique une palette locale avec une feuille de papier divisée en six cases : vert, jaune, orange, rouge, brun et mélange de couleurs. Pendant la sortie, l’enfant cherche une feuille correspondant à chaque case. Certaines resteront peut-être vides : cela permet de découvrir les couleurs réellement présentes sur place, même si elles diffèrent de celles attendues.

Tu peux ramasser quelques feuilles déjà tombées, si le lieu l’autorise, ou les dessiner sans les emporter. Choisis des feuilles de formes différentes et laisse les branches intactes. De retour à la maison, compare ta récolte au coloriage À la découverte des feuilles d’automne et utilise les couleurs observées pendant la promenade.

Vous pouvez ensuite lire Les ombres aux couleurs d’automne pour prolonger ce moment par une histoire. Gardez la palette à côté du livre et proposez à l’enfant de retrouver les nuances qu’il vient de rencontrer dehors.

Tu peux terminer par un petit jeu de sons avec Cling, clac, feuilles en musique : compare le froissement d’une feuille sèche et celui d’une feuille encore souple. Une semaine plus tard, retourne au même endroit pour observer concrètement ce qui a changé : quelles couleurs ont évolué, et quelles feuilles sont déjà tombées ?

Sources